|  La châsse de saint Sigismond Sur le petit côté de la châsse on discerne saint Sigismond assis sur un trône tient son sceptre royal. La position des jambes est un signe convenu au Moyen Age pour manifester une prise de décision, ici il s’agit de la fondation de l’abbaye et de la dotation en sa faveur. Ses deux fils Giscald et Gundebald portent leurs épées devant eux en signe d’offrande, puisque eux aussi mourront martyrs.
Sur l’autre petit côté de la châsse, saint Maurice porte le heaume, l’écusson, le bouclier et l’oriflamme du chevalier. Le sens de la composition est résumé dans la croix précieuse qui orne le bouclier. C’est qu’en effet la protection du martyrs tient non dans ses armes, mais dans la puissance de la résurrection du Christ qui l’a rendu vainqueur de l’idolâtrie que lui proposaient ses persécuteurs.
Sur les flancs de la châsse, les apôtres évoquent l’enseignement et la mission de Jésus, leurs position assise les désigne juges des nations, comme Jésus le leur avait promis. Au dessus d’eux, la scène de la crucifixion est entourée par deux anges, car le toit de la châsse montre la victoire du Messie sur la mort. Celle-ci est présentée amplement, car elle est la raison d’être des scènes développées sur les côtés.
La particularité de cette châsse est qu’elle associe des représentations historiques d’événements qui sont séparés par des siècles. Plus encore, elle présente avec le même art et la même solennité le Christ entouré par les anges et des pauvres hommes dont l’un vient de l’armée romaine, les autres des cours barbares marquées par les exécutions capitales, il faut donc une raison pour avoir associé dans un seul reliquaire des images que tout sépare: leur expérience personnelle autant que la durée. Peut-être faut-il observer la solennité de la crucifixion entourée par les anges pour comprendre le choix théologique des artistes. |