|  La confiance, condition de la sécurité Le fondement du bonheur est la sécurité que donne la confiance, sans elle aucune harmonie ne peut combler le cœur puisqu’elle serait grevée d’un doute. C’est la suspicion d’Eve à l’égard du Créateur qui induit les malheurs successifs depuis l’hostilité de la nature jusqu’au meurtre fratricide. On justifie les spoliations et les guerres elles-mêmes par la crainte de l’ennemi. La peine de vivre devient alors désastre de la mort. Mais que la confiance revienne, elle voit dans les autres des alliés avec qui partager le bonheur. Le jour de leur mariage les jeunes gens qui se fient l’un à l’autre réunissent leurs amis pour partager leur joie et tant que l’un ou l’autre sera fidèle à sa promesse, il gardera la possibilité de pardonner même la trahison. Qu’au contraire la confiance soit perdue, elle suscite la colère et des sentiments qui ont à voir avec le goût de la mort. Les croyants qui s’en remettent à la sagesse de Dieu sont capable de pardonner parce que par delà la faute, leur confiance en Dieu s’étend à celui qui les a offensés, voilà pourquoi ils peuvent considérer dès cette terre l’harmonie de ce monde en attendant de contempler son Créateur dans l’autre. Garder la confiance envers celui qui l’a trahie signifie pardonner, refuser de juger, rester ami, disponible. Prévoyant son assassinat le prieur de Tibihirine envoie à l’avance un message d’amitié à celui qu’il pardonne au point de refuser de le juger: “ A toi l’ami de la dernière heure” |